Les ingrédients que nous n'utilisons pas, et pourquoi
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Introduction
Chez Kosmorebi, chaque formulation commence par une question : est-ce que cet ingrédient est vraiment utile, vraiment sûr, et vraiment responsable ? Cette exigence nous a conduits à établir une liste d'exclusions fermes, non par dogmatisme, mais par cohérence scientifique, éthique et environnementale. Voici ce que vous ne trouverez jamais dans nos soins, et les raisons précises de ces choix.
Partie 1 : Ce que nous excluons, et pourquoi
Les ingrédients issus de la pétrochimie
(huile minérale, paraffine, petrolatum, vaseline…)
Omniprésents dans la cosmétique conventionnelle pour leur faible coût et leur texture, les dérivés pétroliers créent un film occlusif sur la peau qui donne une sensation immédiate de douceur sans nourrir réellement les cellules cutanées. À long terme, ils peuvent perturber le microbiome cutané et le processus naturel de régulation hydrique de la peau. Ces substances sont issues d'une ressource non renouvelable, non biodégradables, et persistent dans les écosystèmes aquatiques. Certaines fractions (HAP : hydrocarbures aromatiques polycycliques) sont classées cancérogènes potentiels.
Les silicones
(diméthicone, cyclopentasiloxane, cyclohexasiloxane…)
Les silicones produisent un effet lissant immédiat purement mécanique sans pénétrer la peau ni apporter le moindre bénéfice biologique. Ils peuvent masquer l'état réel de la peau en créant une illusion de santé cutanée. Les silicones cycliques (D4, D5, D6) sont classés substances extrêmement préoccupantes par l'ECHA : persistants, bioaccumulables dans les organismes aquatiques, détectés jusque dans les sédiments arctiques. Leur restriction en Europe se renforce progressivement.
Les ingrédients éthoxylés
(PEG, laureth, ceteareth, steareth…)
Le procédé d'éthoxylation peut générer des contaminants (le 1,4-dioxane et l'oxyde d'éthylène) classés cancérogènes potentiels, présents à l'état de traces dans le produit fini. Les PEG augmentent par ailleurs la perméabilité cutanée, facilitant la pénétration de substances indésirables.
Le phénoxyéthanol
Conservateur synthétique très répandu, le phénoxyéthanol est autorisé en cosmétique conventionnelle jusqu'à 1%. Il est pourtant irritant cutané et oculaire documenté, et sa neurotoxicité potentielle a conduit l'ANSM à déconseiller son utilisation dans les produits destinés aux enfants de moins de 3 ans. Exclu du référentiel Cosmos, il est absent de toutes nos formulations.
Les parabènes
(methylparaben, ethylparaben, propylparaben, butylparaben…)
Les parabènes sont des conservateurs synthétiques aux propriétés mimétiques des œstrogènes ; ce sont des perturbateurs endocriniens suspectés, voire avérés pour certains. Détectés dans des tissus mammaires humains lors d'études publiées dès les années 2000, ils font l'objet de restrictions réglementaires croissantes en Europe. Leur impact sur le système hormonal, même à faible dose et en exposition cumulée, justifie leur exclusion totale de nos formulations.
Les libérateurs de formaldéhyde
(DMDM Hydantoin, Imidazolidinyl Urea, Diazolidinyl Urea, Quaternium-15, Bronopol…)
Ces conservateurs synthétiques ont la particularité de libérer progressivement du formaldéhyde dans la formulation — un gaz classé cancérogène avéré pour l'homme (groupe 1) par le Centre International de Recherche sur le Cancer (CIRC). Cette libération lente est précisément leur mode d'action antimicrobien, mais elle expose la peau à une contamination continue et cumulée.
Particulièrement problématiques pour les peaux sensibles et atopiques, ils sont responsables de nombreuses dermatites de contact allergiques documentées. Le Quaternium-15 est d'ailleurs l'un des allergènes de contact les plus fréquemment identifiés en dermatologie.
Leur présence dans des produits grand public — y compris des shampoings et lotions pour enfants — a fait l'objet de controverses et de rappels aux États-Unis. La réglementation européenne les encadre mais ne les interdit pas, ce qui justifie d'autant plus une vigilance formulatoire active.
Le BHT et le BHA
(Butylhydroxytoluène / Butylhydroxyanisole)
Ces antioxydants synthétiques sont utilisés pour stabiliser les formulations et prolonger la durée de conservation des huiles. Le paradoxe : ils sont censés protéger les actifs de l'oxydation, mais génèrent eux-mêmes un stress oxydatif potentiel sur la peau. Le BHA est classé perturbateur endocrinien probable par l'Union européenne et suspecté cancérogène (groupe 2B par le CIRC). Le BHT, perturbateur endocrinien suspecté, présente des effets documentés sur la thyroïde chez l'animal et est bioaccumulable dans les tissus adipeux. Tous deux figurent sur la liste des substances préoccupantes du règlement cosmétique européen.
Les huiles hydrogénées
Comme la margarine en alimentaire, l'hydrogénation « durcit » une huile liquide pour obtenir une texture solide ou semi-solide, moins coûteuse que les vrais beurres végétaux. En cosmétique, c'est une façon d'imiter la texture du beurre de karité ou de cacao à moindre coût, mais au prix de la destruction totale de la valeur biologique de l'huile d'origine. Les acides gras trans générés perturbent la fluidité membranaire des cellules cutanées. Le procédé utilise par ailleurs des catalyseurs métalliques (nickel) pouvant laisser des traces résiduelles dans le produit fini.
L'huile de palme et l'huile de coco
L'huile de palme est aujourd'hui largement connue pour son impact environnemental : déforestation massive, destruction des habitats de biodiversité tropicale, émissions de CO2 liées à la destruction des tourbières. Même certifiée RSPO, sa traçabilité reste très contestée par les organisations environnementales. L'huile de coco suit la même trajectoire. Portée par un engouement marketing « superfood » depuis les années 2010, sa demande mondiale explosive a engendré les mêmes pressions : monocultures intensives, appauvrissement des sols, bilan carbone du transport. Sur le plan formulatoire, elle est par ailleurs fortement comédogène (indice 4/5), ce qui la rend inadaptée à de nombreux types de peau. Le coco est le nouveau palme.
Les dérivés transformés de la coco : CCT et Coco Caprylate
(Caprylic/Capric Triglyceride, Coco Caprylate/Caprate…)
Ces esters semi-synthétiques, issus du fractionnement et de l'estérification industrielle de l'huile de coco, sont omniprésents dans la cosmétique, y compris « naturelle ». Leur procédé de fabrication les appauvrit totalement en micronutriments : polyphénols, tocophérols, phytostérols et acides gras essentiels sont entièrement éliminés. Il ne reste qu'une fraction lipidique épurée, stable et neutre. C'est un choix de commodité pour le formulateur, pas un choix au service de la peau. Souvent étiquetés « d'origine naturelle », ils bénéficient d'une image positive que leur procédé de fabrication ne justifie pas.
Les tensioactifs agressifs sulfatés et sulfonés
(SLS, SLES, Ammonium Lauryl Sulfate, sels d'ammonium quaternaires…)
Les tensioactifs sont les agents lavants et moussants des soins nettoyants. Les versions sulfatées et sulfonées sont les plus répandues dans la cosmétique conventionnelle : efficaces, bon marché, et productrices d'une mousse abondante que le consommateur associe instinctivement à la propreté. Mais cette efficacité a un prix : le SLS est un irritant cutané de référence, utilisé comme agent irritant contrôle dans les études dermatologiques. Il dégrade le film hydrolipidique, altère la fonction barrière, et peut provoquer sécheresse, rougeurs et hypersensibilité à long terme. Les « quats » perturbent le microbiome cutané, sont classés irritants respiratoires, et peu biodégradables.
Ces exclusions ne sont pas des contraintes subies, mais des choix actifs. Voici ce que nous leur préférons.
Partie 2 : Ce que nous choisissons à la place - une philosophie formulatoire positive
Exclure des ingrédients, c'est bien. Savoir par quoi les remplacer (et pourquoi) c'est mieux. Voici les principes qui guident nos choix de formulation.
Les huiles vierges pressées à froid : la complexité biologique plutôt que la commodité
Une huile vierge pressée à froid est un concentré de vie : acides gras essentiels, polyphénols, tocophérols, phytostérols, caroténoïdes… Tous ces micronutriments agissent en synergie sur la peau, de façon que nulle fraction purifiée ne peut reproduire. C'est pourquoi nous formulons exclusivement avec des huiles vierges bio pressées à froid (fruit de la passion, argousier, abricot, rose musquée) en refusant les versions fractionnées, estérifiées ou hydrogénées qui sacrifient cette richesse sur l'autel de la stabilité industrielle. Pour la texture, le glissant et l'onctuosité, nous faisons appel à des beurres végétaux natifs, des phytostérols végétaux, des esters végétaux non éthoxylés et des gommes végétales (adragante, guar…)... des alternatives à activité biologique réelle et pleinement biodégradables.
Les tensioactifs doux : nettoyer sans agresser
Nous leur préférons des tensioactifs doux issus de sucres (coco glucoside, decyl glucoside) ou d'acides aminés (sodium cocoyl glutamate, sodium lauroyl glutamate), aussi efficaces pour nettoyer, respectueux de la barrière cutanée et pleinement biodégradables.
Les conservateurs naturels : protéger sans perturber
Nous utilisons des systèmes conservateurs naturels certifiés Cosmos (alcool bio, extraits végétaux à propriétés antimicrobiennes) renforcés par le sodium phytate (acide phytique), chélateur naturel issu de la fermentation végétale, biodégradable et scientifiquement documenté.
L'upcycling et la non-concurrence avec l'alimentaire
Certains des actifs les plus intéressants en cosmétique sont des coproduits de l'industrie agroalimentaire : huile de pépin de citron ou d'orange, poudre de riz… Cette approche d'économie circulaire réduit la pression sur les terres agricoles et valorise des flux existants. Nous évitons également les ingrédients dont la filière cosmétique entre en concurrence avec l'alimentaire ou les économies locales, comme par exemple le beurre d'avocat (1 000 litres d'eau par kilo, déforestation au Mexique et au Chili).
Le karité : l'exception éthique assumée
Nous utilisons le beurre de karité, et nous l'assumons pleinement. Car le karité est l'exact opposé de l'avocat : cueillette sauvage durable, assurée à 80% par des femmes en Afrique de l'Ouest (Burkina Faso, Ghana, Mali), sans déforestation associée, avec une traçabilité commerce équitable vérifiable. Soutenir la filière karité, c'est soutenir des coopératives féminines rurales, un choix éthique autant que formulatoire, d'autant que ses insaponifiables (triterpènes, phytostérols) lui confèrent des propriétés réparatrices uniques qu'aucun substitut hydrogéné ne peut reproduire.
Conclusion
Formuler sainement, c'est un exercice d'équilibre permanent : entre efficacité et sécurité, entre performance et responsabilité, entre coût et intégrité.
Soyons transparentes : la quasi-totalité des ingrédients que nous bannissons sont moins chers, plus stables et plus faciles à formuler que leurs alternatives. Les dérivés pétrochimiques, les silicones, le CCT, le BHT, les tensioactifs sulfatés sont les ingrédients de la cosmétique industrielle de masse, précisément parce qu'ils simplifient la production et maximisent les marges. Choisir de ne pas les utiliser a un coût réel, assumé, qui se reflète dans nos formulations.
Chez Kosmorebi, ces choix ne sont pas des contraintes marketing: ce sont les fondations de notre identité de marque. Parce que nous croyons qu'une cosmétique vraiment efficace commence par une cosmétique vraiment honnête.