Pourquoi nous n'intégrons pas de filtres UV dans nos soins
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Chez Kosmorebi, nous partons d'un principe simple : un produit doit avoir une fonction claire et être utilisé dans les bonnes conditions.
Ajouter des filtres UV dans une crème de soin peut sembler logique. Mais en réalité, cela mélange deux types de produits qui ne fonctionnent pas de la même manière.
C'est pour cette raison que nous avons choisi de séparer les soins et la protection solaire.
UVB et UVA : une distinction essentielle
Le rayonnement UV comprend trois types (UVA, UVB et UVC), mais seuls les UVA et UVB atteignent la surface terrestre et ont des effets sur la peau. Leurs profils sont très différents.
Les UVB sont les principaux responsables des coups de soleil. Plus énergétiques, ils provoquent également des dommages directs à l'ADN des cellules de la peau, pouvant favoriser l'apparition de mutations et de cancers cutanés. Leur intensité varie fortement selon l'heure, la saison et la latitude : ils sont plus puissants en été, en milieu de journée et sous les latitudes équatoriales. Ils sont en grande partie bloqués par les vitres.
Les UVA ont un profil différent. Leur intensité reste relativement stable toute l'année et tout au long de la journée. Ils traversent les nuages et les vitres, ce qui signifie que l'exposition peut également avoir lieu en intérieur, près d'une fenêtre ou en voiture. Ils pénètrent plus profondément dans la peau et génèrent principalement des dommages indirects via le stress oxydatif. Ils jouent un rôle majeur dans le photovieillissement (rides, perte de fermeté, taches pigmentaires), mais contribuent également au développement des cancers cutanés. En savoir plus sur les effets des UV et le photovieillissement.
Dans le domaine de la protection solaire, le SPF (Sun Protection Factor), ou FPS (Facteur de Protection Solaire, en français) est souvent mis en avant car il est connu du grand public. Pourtant, le SPF mesure uniquement la protection contre les UVB. La protection UVA est évaluée séparément. En Europe, le logo UVA entouré d'un cercle indique que la protection UVA est au moins égale à un tiers du SPF. En l'absence de ce logo, la protection UVA peut exister mais elle n'est pas clairement lisible pour le consommateur.
Pourquoi un filtre UV n'est pas un simple ingrédient
Un filtre UV ne fonctionne pas comme un actif classique.
Il ne suffit pas de l'ajouter dans une crème pour obtenir une protection solaire.
Il existe deux grandes familles de filtres UV :
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Les filtres minéraux (ou physiques) : comme l'oxyde de zinc et le dioxyde de titane. Ils agissent en réfléchissant et en diffusant le rayonnement UV à la surface de la peau. Ils offrent généralement une protection à large spectre, couvrant à la fois les UVB et les UVA.
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Les filtres organiques (ou chimiques) absorbent le rayonnement UV et le convertissent en chaleur. Leur spectre de protection varie selon la molécule :
- Filtres principalement UVB : octocrylène, octinoxate
- Filtres principalement UVA : avobenzone (butyl methoxydibenzoylmethane)
- Filtres à large spectre (UVB + UVA) : Tinosorb S, Tinosorb M, Mexoryl SX, Mexoryl XL
Dans la pratique, une formule de protection solaire repose rarement sur un seul filtre. On combine généralement plusieurs filtres pour élargir le spectre de protection, améliorer la photostabilité (certains filtres se dégradent à la lumière et doivent être stabilisés par d'autres), et optimiser la texture et le rendu sur la peau.
C'est cette combinaison, et la manière dont elle est construite, qui détermine l'efficacité réelle du produit. Pour que la protection soit fiable, toute la formule doit être pensée autour de cet objectif :
- le choix et l'association des filtres ;
- leur photostabilité ;
- leur dispersion homogène ;
- la formation d'un film continu ;
- la résistance à l'eau, à la transpiration et aux frottements ;
- la tenue dans le temps.
La protection solaire est donc un système complet, pas un ingrédient ajouté.
Produits solaires et produits de soin avec SPF : deux catégories réglementaires très différentes
Tous les produits affichant un SPF ne sont pas des protections solaires au sens réglementaire du terme.
L'ANSES (Agence nationale de sécurité sanitaire de l'alimentation, de l'environnement et du travail) rappelle que les produits de protection solaire sont définis comme des préparations « destinées à être placées en contact avec la peau humaine dans le but exclusif ou principal de la protéger du rayonnement UV ».
Sur cette base, on distingue deux catégories :
- Les produits primaires : crèmes solaires, écrans, huiles solaires… Leur fonction principale est la protection UV. Ils sont soumis aux recommandations européennes de 2006, qui imposent notamment un niveau minimal de protection UVA.
- Les produits secondaires (ou hybrides) : soins visage, BB creams, fonds de teint, baumes… qui contiennent des filtres UV sans que la protection solaire soit leur fonction principale. Ces produits ne sont pas couverts par les recommandations de 2006 et ne sont donc pas tenus de satisfaire aux mêmes exigences.
Concrètement, un produit de soin avec SPF peut fournir une protection contre les UVB, indiquée par le FPS, sans offrir de protection contre les UVA, contrairement à ce que l'on attend d'un produit solaire « vrai », soumis à la recommandation européenne de 2006.
Deux fonctions différentes, deux façons de fonctionner sur la peau
Un soin a pour objectif d'aider la peau à fonctionner correctement. Il renforce la barrière cutanée, améliore l'hydratation et le confort, et apporte des actifs qui interagissent progressivement avec ses couches superficielles. Sa forme galénique est pensée en fonction des actifs et de la finalité du produit : elle peut être filmogène pour protéger la barrière cutanée, ou au contraire plus pénétrante pour favoriser l'interaction des actifs avec la peau.
Une protection solaire ne cherche pas à agir dans la peau. Elle cherche à la protéger de l'extérieur, en formant une couche en surface qui limite la pénétration des rayons UV. Sa forme galénique doit répondre à des exigences spécifiques : assurer une dispersion homogène des filtres, maintenir un film continu à la surface de la peau, et résister aux frottements et à l'eau. C'est la galénique elle-même qui conditionne l'efficacité de la protection.
Un soin agit avec la peau. Une protection solaire agit devant la peau.
Ces deux logiques galéniques ne sont pas interchangeables, et c'est précisément ce qui rend leur association dans un même produit complexe.
Les limites des formules hybrides soin + SPF
Mélanger soin et protection solaire semble pratique. Mais dans la réalité, cela crée un décalage.
Un conflit de galénique
Comme évoqué plus haut, un soin et une protection solaire n'obéissent pas à la même logique de formulation. Dans un produit hybride, ces deux logiques entrent nécessairement en tension.
Une formule trop épaisse et filmogène, adaptée à la protection de surface, peut interférer avec la pénétration des actifs à travers le stratum corneum, limitant ainsi l'efficacité du soin.
Une formule trop fluide et pénétrante, adaptée à l'interaction des actifs avec la peau, ne permet pas de former le film protecteur nécessaire : répartition homogène des filtres, maintien en surface, résistance à l'eau et aux frottements.
Dans les deux cas, l'un des deux objectifs est compromis.
Une différence de rythme d'application
Un soin est généralement utilisé une à deux fois par jour, en petite quantité.
Une protection solaire doit être appliquée en quantité suffisante et renouvelée régulièrement en cas d'exposition. Ces deux conditions sont essentielles pour que le SPF affiché corresponde à la protection réelle. En savoir plus sur les erreurs fréquentes et les bons gestes pour une protection efficace.
Dans un produit hybride, on applique souvent la quantité d'un soin : trop peu pour protéger correctement, et on ne réapplique pas comme un solaire. Le résultat est une protection moins fiable qu'un vrai écran solaire, et un soin qui perd aussi en efficacité.
Une logique d'usage des actifs modifiée
Les soins contiennent souvent plusieurs actifs (hydratants, antioxydants, anti-âge).
Quand un SPF est ajouté, le produit est appliqué selon une logique solaire, donc en quantité plus importante. Cela modifie mécaniquement la dose des autres actifs.
À l'inverse, s'il est utilisé comme un soin classique, la protection solaire n'est pas pleinement activée. On obtient un produit qui ne remplit pleinement ni sa fonction de soin ni sa fonction de protection.
Une multiplication des actifs dans tous les produits
On retrouve aujourd'hui les mêmes actifs dans de nombreuses catégories de produits : niacinamide, vitamine C, acide hyaluronique…
Comme en alimentation avec certains nutriments ajoutés partout, on perd de vue l'équilibre global. Ce n'est plus la logique du produit qui guide les choix, mais la présence d'un ingrédient mis en avant.
L'ANSES souligne d'ailleurs que l'intégration de filtres UV dans des produits dont la protection solaire n'est pas la fonction principale conduit à une exposition multi-sources des consommateurs à ces substances, qui devrait être prise en compte dans les évaluations de risques.
Un décalage entre l'attente du consommateur et l'indicateur affiché
Lorsqu'un consommateur choisit un soin contenant un SPF, son attente est souvent centrée sur la protection contre les effets du vieillissement cutané lié aux UV, et non sur la prévention des coups de soleil lors d'une exposition prolongée. Dans ce cas, il se tournerait plutôt vers une protection solaire dédiée.
Or ces effets sur le vieillissement cutané sont essentiellement induits par les UVA.
L'indicateur mis en avant sur l'emballage, le SPF, ne renseigne pourtant que sur la protection contre les UVB. Et comme évoqué plus haut, un produit de soin avec SPF n'est pas tenu de garantir un niveau de protection contre les UVA.
Il existe donc un décalage entre ce que le consommateur recherche (une protection contre le photovieillissement, donc contre les UVA) et ce que l'indicateur affiché mesure réellement (une protection contre les UVB).
Notre choix chez Kosmorebi
Nous ne rejetons pas les produits multifonctions.
Mais nous pensons que chaque fonction ajoutée doit être interrogée non seulement vis à vis de sa pertinence, mais aussi parce qu'elle change la manière dont le produit est formulé, utilisé et compris.
Dans le cas des filtres UV, cela nous a conduits à séparer clairement les fonctions.
La question n'est pas de savoir si les filtres UV sont utiles. Ils le sont. La question est de savoir dans quel type de produit ils sont les plus pertinents, et si leur présence améliore réellement l'usage du produit ou ajoute simplement une fonction supplémentaire dont la portée reste limitée dans les conditions d'utilisation réelles.
Les soins accompagnent la peau. La protection solaire protège des UV.
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L'ANSES considère d'ailleurs que l'appellation « produits de protection solaire secondaires » ne devrait pas exister, cette terminologie laissant entendre l'apport d'une protection solaire efficace, ce qui n'est pas nécessairement le cas. Elle recommande que le terme « protection solaire » soit réservé aux seuls produits primaires, et que les produits hybrides ne revendiquent pas de protection solaire matérialisée par un FPS sur l'étiquette.
En résumé
Un soin agit avec la peau, dans une logique progressive et biologique.
Une protection solaire agit devant la peau, dans une logique de barrière physique stable.
Les associer dans un seul produit peut sembler pratique, mais cela introduit souvent un décalage entre la promesse et l'usage réel.
Chez Kosmorebi, nous faisons le choix de la lisibilité.
Un soin reste un soin.
Une protection solaire reste une protection solaire.
Référence : ANSES, « Produits de protection solaire : mieux informer les consommateurs pour une meilleure protection », 2024. Consulter la source
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